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Fable II (Xbox 360)

Fable II   (Xbox 360)
A l'époque où Fable est sorti sur Xbox, je n'avais pas pu y jouer, principalement parce que je n'avais pas assez d'argent pour me payer la console. Et autant vous dire que j'ai longtemps été frustré par cette situation.

Quelques années et beaucoup d'euros plus tard, je me suis payé une 360. Entre Eternal Sonata, Blue Dragon et Lost Odyssey, j'avais déjà prévu tout un programme. Mais je n'avais pas prévu la sortie de Fable II.

Et ultime coup de bol : la sortie était prévue à quelques jours de mon anniversaire !!

Vous vous doutez bien que c'est avec une certaine fébrilité que j'ai ouvert mon paquet-cadeau. J'étais à la fois parfaitement sûr du contenant, mais totalement ignorant du contenu. Comme nombre d'entre vous, j'avais vu des vidéos et lu des interviews de Molyneux. Mais je connaissais bien le bonhomme ainsi que sa mégalomanie et sa tendance à vous faire miroiter monts et merveilles. J'ai donc préféré éviter toute information sur le jeu.

J'avale ma salive, allume ma console...

... et là, émerveillement !



C'est loin mais c'est beau...

Le jeu m'a séduit de bout en bout. Tout d'abord par un très joli ensemble graphique qui dote le jeu d'une ambiance vraiment unique.
Que ce soit dans les rues sales et froides de la ville de départ, dans les grandes prairies verdoyantes où le soleil se couche, dans les grottes souterraines aussi sombres qu'étroites ou encore dans les petites bourgades champêtres, chaque endroit du jeu dégage une aura différente, une atmosphère qui lui est propre.
Bref, le jeu n'est pas "beau" dans le sens où il est loin d'exploiter à fond la 360. Par contre, il est indéniable que le monde d'Albion dégage un charme inimitable. Je dirai même une poésie salvatrice en ces temps de jeux insipides ultra-formatés. Une âme, quoi !!

Après cette bonne première impression, abordons le sujet qui compte le plus pour moi : le plaisir du jeu et, tout aussi important, le potentiel de re-jouabilité.

Vers l'infini et au-delà !!

Fable II s'articule sur un monde ouvert, vaste et dans lequel vous êtes entièrement libre... du moins c'est que nous disait Molyneux. Et bien, étonnamment, il n'était pas si loin de la vérité !
En effet, vous pouvez presque faire tout ce que vous voulez dans Fable II, à commencer par choisir votre sexe. Ensuite, vous pouvez vous forger une réputation de saint (jusqu'à porter une auréole) et vous faire aimer de toute une ville, mais vous pouvez également devenir une ignoble vermine sans foi ni loi, prêt à tuer la première vieille dame venue, juste pour le plaisir (et puis aussi, qu'est-ce qu'elle foutait sur votre chemin, cette vieille peau ?!). Bien sûr, de nombreuses personnalités sont possibles entre ces deux extrémités.
Plus que cela, certaines de vos décisions pourront influencer le monde d'Albion, ou plutôt sur certaines de ces parties. Par exemple, un peu avant la moitié du jeu, un homme vous demande de lui donner de l'argent afin de développer une ville. Si vous acceptez, la petite bourgade boueuse se transformera, quelques temps plus tard, en une cité plutôt riche et coquette. Si vous refusez, vous devrez faire attention à ne pas trop traîner dans ce qui sera devenu un coupe-gorge malsain...
Puisqu'on parle de ville, sachez que vous pourrez visiter, acheter, vendre ou louer quasiment tous les bâtiments du jeu, vous faire un peu d'argent en apprenant un ou plusieurs métier(s), créer des pénuries ou des excès de marchandises, modifier totalement votre look, vous marier et avoir des enfants ou bien avoir de simples rapports sexuels, homos ou hétéros.
Bref, tous les choix vous appartiennent !

Attention tout de même, vous ne pourrez pas faire TOUT ce qui vous passe par la tête, non plus. Fable II reste un jeu vidéo et non une boîte à fantasmes, bien que Molyneux nous dise le contraire...
Par exemple, vous pourrez aller où vous voulez, mais un "effet couloir" vous imposera régulièrement des limites. Vous aurez quand même droit à une belle part d'exploration avant de tomber dessus. De même les métiers proposés se révèlent rapidement aussi inutiles que lassants. Et les marchands vous vendent plus ou moins les mêmes articles, et patati, et patata...
Bon, ok, le jeu n'est pas exempt de défauts. Mais comparés à tout le reste, ils sont plus qu'acceptables.

Et qu'est-ce qui peut nous faire supporter tous ces défauts me demanderez-vous ?

L'homme et son meilleur ami.

Le chien par exemple. Oui, oui, vous avez un chien. Une idée toute simple et au premier abord inutile, mais à laquelle on s'habitue rapidement.
Les studios Lionhead ont vraiment accompli un boulot exceptionnel pour donner une réelle importance à cet animal. Après l'avoir recueilli, vous pourrez le dresser pour qu'il se calque sur vos expressions (je reviendrai là-dessus un peu plus tard) et pour le faire dénicher des trésors enfouis sous terre.
Véritable compagnon de route du héros, il vous suivra partout, sans jamais être lourd ou contraignant. Il ira même jusqu'à refléter physiquement l'état d'esprit du héros et s'adaptera à tout changement. Relativement inaperçu à l'écran (puisqu'il vous suit, rappelez-vous), on finit par s'attacher à cette boule de poil au point de s'arrêter de courir quand on ne le voit plus.
Un petit coup de caméra en arrière. "Mais où il est passé ce sac à puces ?... Ah, il arrive !" et vous vous remettez en route. Et je vous assure que ça se passe souvent comme ça. Il fait vraiment partie de l'aventure. Une véritable bonne idée !

Et le héros dans tout ça ? C'est vrai qu'il ne faudrait pas l'oublier... étant donné que c'est vous.

Je ne sais pas si elle était présente dans Fable premier du nom, mais le héros s'exprime ici grâce à une "Roue des expressions". En fait, il s'agit d'un menu circulaire vous proposant quelques expressions de bases et qui s'étoffera au fur et à mesure de l'aventure, selon votre comportement ou votre réputation. Si vous devenez méchant, vous pourrez "Extorquer" votre interlocuteur, "Crier" dessus, voir le "Gifler". Si vous êtes gentil, vous pourrez "Faire un cadeau" afin de plaire à quelqu'un, jouer du "Luth" ou "Rire" avec les gens autour de vous.
Petit plus, vous pouvez apprendre à votre chien à vous accompagner sur certaines expressions. Par exemple, il couvrira son museau de ses pattes si vous pétez (oui, vous pouvez...)

Plus t'en as, plus t'es fort !!


Et ce concept de "plus tu t'en sers, plus t'apprend" s'applique également au système de combat. Je m'explique !
Quand un ennemi arrive (et souvent il ne sera pas seul...), vous pouvez le combattre par 3 moyens : corps à corps, distance ou magie.
Libre à vous de privilégier un style par rapport à un autre, mais vous serez toujours récompensé en fonction. Autrement dit, si vous tuez un ennemi à grands coups d'épée, vous recevrez une multitudes de petites sphères bleues qui sont en fait des points d'expériences qui ne peuvent servir à améliorer que le corps à corps (enchaînements, contres, force physique,etc...) Il en va de même pour les attaques à distance et la magie.
Et bien sûr, Fable oblige, votre aspect se modifiera en fonction de votre manière de combattre.
Personnellement, j'ai usé et abusé de la magie. Résultat, ma peau s'est recouverte de tatouages lumineux plutôt intimidants et franchement classes. Et comme j'ai blindé l'attaque à distance, j'étais plutôt grand et élancé. Alors que mon pote qui a tout misé sur le physique s'est retrouvé avec une héroïne plus proche de la body-buildeuse qui n'a pas su arrêté les cachets... Mais bon, tous les goûts sont dans la nature, n'est-ce pas ?!
Je finis avec le système de combat et je continuerai sur le concept de récompense juste après.

Il est vrai que si les affrontements sont plutôt facile à appréhender (un bouton par type d'attaque) et que l'ensemble est plutôt cohérent, j'ai tout de même relevé 2 défauts majeurs :

1) les armes ne sont pas si différentes les unes des autres, et ce malgré des marchands plutôt bien fournis. J'ai testé la plupart des armes à distance et au final, il n'y a pas beaucoup de nuances entre un pistolet, une arbalète ou un tromblon. Et il en est de même pour les hachoirs, épées et autres douceurs du corps à corps. Si au départ, votre choix peut être important, il est totalement inutile arrivé à un certain niveau et vous favoriserez plutôt une arme classe à une arme efficace.

2) le système de magie reste perfectible. Je le trouve plutôt bien foutu mais ne croyez pas le didacticiel qui vous dira que vous pouvez changer de magie en plein combat. En fait, si vous pourrez, mais vous serez à deux doigts de la mort le temps d'y arriver. Bref, pas mal mais peut mieux faire.

Je travaille mon karma.

Pour finir avec le système de rétribution, sachez que dans Fable II, vous n'êtes pas dans un RPG classique (mais je pense que vous l'aviez compris...). C'est pour ça que vous serez récompensé quoi que vous fassiez.
Enfin, faut pas exagérer. En fait, comme dans le système de combat ou dans l'évolution de votre personnalité, vous n'aurez que ce que vous méritez : vous pouvez aller libérer les esclaves de leurs cages, obtenir leur reconnaissance éternelle et toucher une petite récompense... mais il y aura plus d'or à gagner si vous aidez les esclavagistes à vendre leur marchandise !

Tous les choix vous appartiennent... et c'est ce qui fait que Fable II est un jeu si riche et immersif ou aucune partie ne se ressemble. Et je pense qu'il faudra bien 3 ou 4 parties pour découvrir toutes les facettes du titre.
C'est pour ça que la quête principale est courte (comptez entre dix et quinze heures selon votre rythme), c'est pour vous inviter à rejouer encore et encore sans jamais vous lasser.


Alors, je l'achète ou pas ?

Je viens de vous le dire : tous les choix vous appartiennent... Et ce concept-là qui fait tenir tout le jeu. Alors si l'idée vous séduit, n'hésitez pas.
Par contre, n'écoutez pas les gens qui vont vous dire que Fable II sera la plus grande expérience de votre vie. Que tout est possible, tout est réalisable (on n'est pas dans le jeu de la vie !). Que vous ne verrez plus jamais les RPG comme avant, etc... Bref, n'écoutez pas les Molyneuxistes.

De mon point de vue, Fable II est un très bon jeu. Si vous avez joué au premier du nom, peut-être trouverez-vous qu'il s'agit plus d'une version 1.5 que d'une véritable nouveauté. Mais après tout, 1.5, c'est mieux que 1, non ?
Une évolution, aussi petite soit-elle, reste une évolution. Et puis depuis combien de temps n'avez-vous pas joué à Fable ? Je vois que vous avez compris.

Quant à ceux qui ne jurent que par le RPG nippon, je ne sais pas si vous allez apprécier... Il n'y a qu'un seul héros et il ne ressemble ni à un visual-key, ni à une couverture de Têtu, et en plus il n'a que 3 capacités à améliorer...
Blague à part, n'achetez pas ce jeu en pensant acquérir un énième RPG qui ressemble à tous les autres. Bien que possédant quelques éléments classiques - voire ultra-classiques - ce titre sort réellement de l'ordinaire.

Personnellement, je ne regrette pas qu'on me l'ai offert. J'ai passé de très bons moments dessus et je serai sûrement en train d'y rejouer si je ne l'avais pas prêté.
Malgré quelques défauts irritants mais acceptables, je ne peux que vous le conseiller.


# Posté le lundi 30 mars 2009 04:30

Modifié le dimanche 26 juillet 2009 05:38

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